LES ENFANTS DÉCOLLENT
      Éditions Sherbrooke, Sherbrooke, 1979, 57 pages, pour tous.
   
 

 

Comme le dit si bien Yves Gosselin: "Les enfants décollent, le lecteur également. Vol léger, joyeux, où nulle crainte de l'écrasement ne vient poindre à l'horizon. Poésie chantante, rieuse, par quoi le mot s'accomplit dans sa coulée, sans fioriture ou poncif. A ce que tout lecteur attend recevoir d'un être d'émotions, Les enfants décollent répondent de leurs ailes."

Quant à Claude Beausoleil, ce recueil est ludique et dégagé, où Daniel Roy vient proposer sa vision du quotidien. Les mots sont ici des terrains de jeu où le narrateur se promène avec une certaine désinvolture, "je suis un poète de l'instant magique/qui essaie de simplifier/l'invisible mot." p.11. Ce recueil inscrit à travers des textes brefs et simples une atmosphère dont la qualité est un sens d'observation des détails.

SONGES DÉMESURÉS

 

Nous dormons du matin
jusqu'au soir
enroulés
d'une couverture
de laine rouge
sur le siège
d'une Renault 66
La tempête est calme
Le salon roule vite
sur la route
des songes démesurés
Début juillet
de la verte vie
Le dos courbé
volontairement
dans le grand champ de fraises
Tout brille
jusqu'aux petites heures
du matin
dans la Norvège
imaginaire
Les mots coulent en musique
si tendres à s'y méprendre
Nous buvons
à perte de vue
pour étancher
notre soif de bleuets
Marchant vitement
regardant
de tous bords
tous côtés