Invité: Daniel Roy, poète
But : dans le cadre du cours de poésie au niveau
quatrième secondaire, en français
Enseignante : Chantal Garant
Nombre de participants : 38 élèves répartis en deux
groupes.
Durée : une période de 100 minutes pour chaque
classe.
«Je fréquente l'école secondaire et j'avoue ne pas être emballé
pour les cours de français. Je lis peu, je n'aime pas écrire. En
fait, les seules fois où j'ai eu envie d'écrire (parce que je
n'étais pas obligé) c'était pour composer des poèmes… mes poèmes.
J'en ai même plusieurs que j'ai gardés. Veux-tu les "voir»?
Maintes fois, ces paroles d'élèves me sont venues à l'oreille. En
tant qu'enseignante de la langue française au secondaire, je me
réjouis de constater combien tant de jeunes s'émeuvent devant leurs
créations. Aussi, plus mes années d'expérience défilent dans
l'enseignement, plus je réalise à quel point ce type d'écriture est
devenu l'exutoire du jeune en quête de son identité. Écrire des
poèmes est devenu un moment privilégié qui favorise la rencontre
avec l'être qu'ils sont, qu'ils cherchent à connaître, qu'ils
cherchent à comprendre.
«Les poètes, à mon sens, ont une place extraordinaire à occuper
de gré ou de force dans le monde motorisé , mécanisé, informatisé
que voici devenu le nôtre. Ils ont plus d'importance qu'ils n'en ont
jamais eu », a écrit Gilles Vigneault.
Chaque poète, chaque artiste forme à lui seul un monde avec ses
lois propres et son histoire. Chacun a son style, sa vision du réel,
sa conception de l'art. «Les poètes, disait Claudel, sont des îles :
il s'agit d'y aborder, de s'y acclimater, de vivre dedans.»
C'est ce que nous avons fait ensemble pendant la visite de Daniel
Roy. Il nous a fait goûter à sa poésie. Dès les premières minutes
consacrées à se présenter en tant qu' homme et poète, on a remarqué
son style naturel à composer en décomposant les mots.
"Ce n'est pas avec des idées que l'on crée des poèmes;
c'est avec des mots!"
Les pages qui suivent et que vous prendrez sûrement plaisir à lire
sont réservées aux élèves ayant participé à l'atelier d'écriture et
qui ont accepté de livrer leur témoignage suite à l'activité en soi,
sur l'auteur lui-même, sur son langage poétique.
Un vieux clochard
Un vieux clochard
Délaisse le trottoir
Sonne les cloches
Dans mes oreilles
Boulevard Raspail
King Size
Ceci est le poème composé à la suite de la rencontre avec le
poète Daniel Roy. Lors de sa visite, il nous a fait faire des
activités. Entre autre, celle de reprendre une de ses poésies et
de la transformer, de la métamorphoser, de la façonner comme il
nous plaisait. Ainsi, il nous a montré comment il fait pour
transformer ou tout simplement inventer cette jonglerie avec les
mots. Un nouveau concept qui m'a appris bien des choses.
Auparavant, en classe, on avait travaillé sur la poésie. On y
avait vu la théorie de la poésie mais il nous manquait du
pratique, de la composition, quoi! C'est alors que Daniel nous a
fait travailler, réagir et réfléchir. Sa visite m'a bien aidé à
composer mes poèmes en classe.
Ce que je pense de la poésie? D'après moi, cela sert à nous
libérer de tous nos stress ou bien de dire ce que l'on veut en
s'exprimant librement. Avant sa rencontre, je n'avais pas idée
qu'on puisse jouer avec les mots ainsi. Daniel fait ce qu'il
veut avec les mots, les sons, les rimes, les strophes. C'est ça
la poésie! Jouer avec les mots, leurs donner une nuance, les
rendre vivants, les faire parler. Néanmoins, ça va beaucoup plus
loin que ça. En effet, la poésie sert dans la société à apaiser
les mœurs, les sentiments, les réflexions personnelles. De plus,
Daniel a tenu à nous spécifier qu'il n'y a pas de mauvais poèmes
car toutes les idées sont bonnes. Cependant, en classe, cela
n'était pas vraiment la réalité puisqu'il fallait respecter les
critères traditionnels de la poésie.
Daniel Roy est un poète ayant à son actif un très grand
nombre de recueils de poésie, publiés dans différentes maisons
d'édition. J'aime lire sa poésie. Entre autre, dans son livre
Désinvolte, le poème : "Le vétérinaire " m'a ébloui
merveilleusement. En effet, il décrit le vétérinaire comme étant
un animal. Cela m'a fait rire. Quelle magie! Puis dans le
recueil Rêverive et le poème du même titre : " Rêverive ", on
imagine facilement une fille sensuelle vêtue de noir se
promenant dans la rue à Paris. J'ai beaucoup apprécié les mots
utilisés pour décrire l'endroit et la situation. Malgré que ce
poème ne soit pas vraiment de rimes, il comporte 32 vers.
D'après moi, ce poème est l'un de ses meilleurs.
En conclusion, cette activité a émoussé de ma tête toutes les
idées que je ne pensais pas pouvoir écrire. Je ne me doutais
même pas que l'on puisse faire ce dont l'on avait envie en
composant une poésie. Transmettre ainsi des sentiments et des
émotions dans un texte rempli de vers et de strophes dont
l'agencement n'est pas vraiment défini amène à ébullition le mot
et ainsi vaporise purement le sens qu'il a voulu y donner. Voilà
sa poésie. Conséquemment, lors de sa visite, j'ai été très
impressionné par sa spontanéité et ses réflexions. Je ne peux
passer sous silence que Daniel a déjà plusieurs livres à son
actif depuis ses débuts. Alors, si vous êtes adepte de bonne
poésie, je vous recommande fortement de lire un de ses recueils
ou tous. Et prenez le temps de lire, d'écouter, de savourer et
de réfléchir sur chacune des poésies écrites par Daniel afin
d'en définir ce que ça veut dire pour vous puisque le sens peut
changer d'une personne à une autre. La poésie est l'expression
de l'âme.
J'ai bien aimé ma rencontre avec Daniel Roy. Bravo! Continue
à écrire de superbes poèmes!
Simon Goudreau
Karmasûtra
du Nord au Sud
Peuple heureux / paisible / escarpé
Là où le riz sévit
dans la verdure mouillée
Mère de traditions
au visage méditatif
En mon phare intérieur
Je pleure ma fille / mon fils
Karma d'une nation éternelle
au visage usé
par la beauté des temples
Poète peu connu mais fort intéressant, Daniel Roy sait nous
surprendre et nous émouvoir par son style d'écriture qui sort de
l'ordinaire. Très attaché à cet art, ses poèmes transmettent une
nouvelle façon de voir la poésie qui d'après moi est très originale
et surtout peu commune.
J'ai choisi ce poème, car il cache un autre style d'écriture un
peu plus sérieux et peut-être même à la limite triste. Il émet un
message qui selon moi me semble vrai mais humble.
Comme suggestion, je vous invite à jeter un coup d'oeil à ses
oeuvres qui selon moi valent la peine de retenir notre attention au
moins le temps de nous laisser transporter dans son monde de poésie
tout à fait fantaisiste.
(David, sec. IV au Goéland)
LA POÉSIE À L'ÉCOLE
Lequel!
Calembour, jeu de mots fondé sur la différence de sens entre des
mots qui se prononcent de manière identique ou rapprochée. Malgré
que ce mot ne soit pas dans le dictionnaire des lettres, mais dans
celui de la langue usuelle, on pourrait considérer qu'il émane (en
figure de style) de la nouveauté contemporaine de l'œuvre générale
écrite par Daniel Roy, jusqu'à la littérature poétique estrienne
québécoise d'aujourd'hui.
Victor Hugo a dit :«Le calembour est la fiente de l'esprit qui
vole»; tout au contraire de M. Roy qui nous offre ce genre lyrique
en grande quantité :«Il ne faudrait pas que tu maïs car je pourrais
éclater en sanglots».
Bien que je n'essaie pas de dénigrer sa poésie, je dirais plutôt
qu'il est amusant de décoder à travers les mots et les sens cachés,
une signification subtilement projetée.
D'ailleurs dans le milieu théâtral, on rencontre souvent cette
manière d'approcher l'humour en paroles, par exemple, des pièces de
Molière. Mais il faut s'en tenir à un effet humoristique, comme le
font les humoristes sans tout de même se priver de laisser
sous-entendre des réflexions très sérieuses.
Lui?
Daniel est très accessible parce qu'il nous présente un contenu
ludique dans ses livres. De plus, je crois qu'il se spécialise à
transmettre sa passion aux jeunes. Il anime plusieurs ateliers de
poésie dans différentes écoles secondaires, collégiales ou
universitaires du Québec et de d'autres pays dont la France, à Lyon.
Au Centre Le Goéland de Sherbrooke, dans le cadre de ce que l'on
appelle un cours de français, nous avons pu assister et participer à
une de ses interactions jeunesses (un cours intéressant).
Qui n'a pas tourné les yeux, dans la classe, quand cet échevelé
chevronné s'est incrusté dans le local de notre langue comme un
titre dans un poème. Lui stoïque à travers ses lunettes, en
personnage furtif pour un temps encombré et préparatoire, ordonnant
ses brimborions personnels. Un œil grimpa sur l'autre, sans trop
s'ouvrir d'attention en direction de notre indifférence à la poésie
que je crois, hélas! majoritaire. Il lança quelques contrepèteries
présentatrices et aussitôt, albédo de vitre, le reflet de notre
regard vers sa sensibilité inapparente, mais captable, était
ostentatoire.
Je me suis donc laissé magnétiser par son halo, j'ai bien apprécié.
Je me suis donc chuchoté à l'oreille, le français enseigné.
En nouveau terme
En sens sans problème
Être et être nommé
Atelier du langage balbutié
MARC-AURÈLE L.
Marc-Aurèle