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La ville lointaine
Comment traduire la terre en exil?
Rolando Lopez, Rita Cassia
Guimaraes, Perihan Ulger,
Roksolyana
Hankevych, Liliana Andrea Trujillo,
Jorge Luis Giralod, Maria Pascuala Alas,
Eduardo Luis Romero, Enrique Scoccimarro,
Neyla de
Jésus Bolivar, Mery Luz Bolivar, Saida Azzoug,
Fernando Gonzales Cuellar, Camille Mathieu Roy (ma
fille),
Carmen Rosa Gil, Pablo Iturralde, Tzvetan Gantchev,
Martin Fernandez Ridano.
J’entends battre le cœur de l’humanité.
Des humaines, des humains de la planète osent écrire,
décrire en français langue seconde, La ville
lointaine.
Daniel Roy, écrivain
Sherbrooke, Centre Saint-Michel, entre le 27 et le 30
avril 2004.
Le
prix à payer
Le
rayonnement de la poésie et de ses commettants
n’emprunte pas les mêmes avenues que les autres produits
littéraires. Les poètes modernes ont peu d’espace pour
accroître leur visibilité. Dans les librairies, ils
occupent des rayons de bas étage, leur tirage se limite
à peu d’exemplaires, les journaux sont peu bavards sur
le genre, sauf quand un prix (international ou local)
souligne de façon particulière une œuvre.
Pourtant, la poésie aura plus souvent une résonance
planétaire et intemporelle que les autres styles
littéraires qui trahissent leur provenance et leurs
époques. Le langage de la poésie rejoint davantage les
gens dans ce qu’ils ont de plus universel et de plus
intime à la fois. Un poète du Gabon, de la Tchétchénie
ou du Québec exprime les mêmes abîmes, les mêmes
vérités. Le genre, quoique global, n’a pas beaucoup de
tribunes pour se manifester.
Même si la portée de la poésie est universelle, la
façon de l’exprimer est caractéristique de sa
provenance. Le choix des mots, des thèmes, des
angoisses, des réalités souligne souvent une région, un
paysage, une parlure typique à une langue, à un pays.
C’est ainsi que l’identité rayonne.
Yves Lebel
La ville lointaine
Chinguetti
Oublie désert
Mauritanie
Liberté carnavalesque près de la mer carnavalesca
Salvador ensoleillé
Le
soleil, dans ma ville, se couche dans la mer
La
plus belle vision qu’un être humain peut avoir
Brazou, Bahia, Brasil ensolarada
Kurdistan, pays loin de mes yeux
Imaginaire que j’aime et qui me manque, telle une
chaleureuse mère
Aimable et pleine de compassion
La
mère qui, toute seule
La
mère nue
La
mère qui a faim
La
mère dans le noir
C’est
pour toi toute la guerre
Tout
l’espoir, toutes les aspirations
Tu
n’es pas seule
On
viendra un jour, on t’apportera l’amour, l’espoir et la
paix
On te
prendra dans nos bras pour toujours
Pour
que les larmes des mères sèchent
Et
que les enfants jouent enfin en paix
L’viv,
ancien, Ukraine
À la
fin du douzième siècle, il y avait un roi qui s’appelait
Danélo.
C’était une personne très importante dans l’histoire
ukrainienne.
Il
légua tant de choses à ses descendants. Par exemple, il
fonda une ville exceptionnelle et lui donna le nom de
son fils «LEB», qui signifie en français «Lion», digne
de son nom.
Pauvres, en paix : ailleurs les guerres.
Sherbrooke, terre d’accueil que je consigne à la mienne
Sentimentale, chaude et froide
Comme
la terre où j’ai vécu
L’Anse-aux-Demoiselles des ailes, des îles
Des
Îles-de-la-Madeleine
Chalatenango
Chalatenango, terre bénite, petit nid du jardin de
Cozcatlan
Ses
rues enchantées, pavées, lui donnent le rythme d’une
fillette vierge
Les
dimanches
Ses
Indiens apportent de grands sacs multicolores
Des
chapeaux, de beaux hamacs bien colorés qui, au cœur
inspirent une chanson.
Traditionnelle indienne, salvadorienne chanson.
Bergen magique
Presque imaginaire
Tokyo : une photo à contre-jour où coexistent les
traditions anciennes
Manifestation de la création humaine
Tokyo
Salta
la linda
Salta, la jolie que je ne connais pas
Nantucket, l’île si lointaine
Barranquilla Columbia
Un
paradis tropical, de joie, de danse et d’amour
San
Vicente
Le
petit village de deux vies
Baranoa
Le
cœur heureux de l’Atlantique
Tassili
Tu
aimes les animaux
Tu
aimes le Sahara
Les
montagnes, les champs, les fruits doux, les plages
Les
si beaux couchers de soleil
Tu
peux aller en Algérie
Monterrey
La
reine des montagnes
La
ville industrielle
Les
rêves les plus cruels sont les plus industriels
À
Chinacota
Je lui dois
tout ce que j’ai
C’est
grandiose mon village
Si
bon mon Chinacota
Si
beau le bleu du ciel
Je
suis fille de ce village que je veux, que j’aime
Sa
culture, un grandiose trésor
Cette
colombienne terre du Nord de Santander
Supérieure à la couronne d’un roi
Née
sur cette terre
Noble
terre, chitarera
Je
suis née là
Je
veux y mourir
Paris
de l’Amérique du Sud
Ville
qui ne dort jamais Buenos Aires
New
York
Les
Calanques près de Cassis
Odeurs, couleurs
Aix,
Arles, Avignon
Merveilleuse perle de la Côte bleue
Marseille
Zapala l’endormie
Là-bas, où le ciel et la terre se confondent, j’ai
trouvé Zapala
Vent
qui passe, pierre qui attend
Les
mots flottent autour des horloges inutiles
Mon
très cher Daniel,
Tous
les miens te remercient pour l'envoi de ton bouquet
d’amour.
Bien
que les parfums de l'amitié furent, d'emblée,
capturés par les lignes du texte; au fur et à mesure que
nous
en lisions un bout, une odeur d'images nous enlisait...
Noyés
sans eau, parmi de jeunes nénuphars.
Écrire la main dans la main, c'est possible, à condition
d'avoir une main pour ça. Dans "La ville lointaine",
on se
rapproche, bravo !
Quant
à Yves Lebel, qu'il sache qu'il a, sur la terre
de
France, un ami qui le comprend clairement. Mercis
pour
ses encouragements.
D'ailleurs, pour nous, la ville ne fut lointaine qu'à un
moment
donné
- ou prêté -, ce moment de
"traverser à pied enfin le coeur des autres".
Fidèlement à mes Roy - les seuls rois que je vénère,
un
genou à terre - à St Angus notamment, devant une
dame
que j'aime.
À
bientôt, ici, en maudite France ? On vous a tant !
Bises
chaudes à ma soeur, ma marraine, ma belle amie,
ma
douceur, ma fragile compétence, ma robuste Cassiopée,
ma
Gaëtane ! Ainsi qu'aux enfants et petits enfants
(D’où
la ville lointaine essaye de se rapprocher encore !).
Fidèlement,
ou
Chumement,
Ton
Chum,
Louis
Arti, auteur-compositeur-interprète.
Paris, 4 mai 2004.
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